OLIVIER LEXA
REVUE DE PRESSE
MISE EN SCÈNE
Pour sa première mise en scène, Olivier Lexa réussit là où d'autres ont péché par manque d'audace ou de fantaisie. […] Sans grandiloquence ni pédanterie, Olivier Lexa libère les corps dans un mouvement virevoltant […]. Il restitue, à travers l'ivresse tour à tour ludique et ambiguë du travestissement, l'esprit du carnaval inhérent au théâtre lyrique de la Sérénissime.
Mehdi Mahdavi, Diapason, septembre 2014
Le travail de Lexa n’est pas moins captivant en ce qu'il rompt avec la doxa philologique française en la matière : pas de gestuelle illustrative et précieuse ni de tableaux figés dans son Eritrea qui virevolte en permanence et renoue avec la commedia dell’arte. En traitant les lamentos sur un mode comique, Lexa révèle de surcroît l'ironie et le second degré souvent ignorés par les metteurs en scène de Cavalli.
Eric Dahan, Libération, 1er septembre 2014
Une découverte extraordinaire. Olivier Lexa, qui signe sa première mise en scène et une biographie de Cavalli, ne s’est pas égaré dans cet enchevêtrement de quiproquos, chassés-croisés sentimentaux et autres travestissements. Il présente un spectacle habile et librement animé.
Philippe Venturini, Classica, septembre 2014
Alors que certains ont accentué le côté tragique et sensuel des opéras de Cavalli, Lexa, en accord avec le chef Stefano Montanari, mise sur l'ironie pour souligner le marivaudage auquel s'amusent, avant l'heure, le compositeur et son librettiste. Et il pimente la gestuelle baroque du mouvement et de la danse. Les chanteurs, vêtus de ces couleurs qui disent l'éclat vénitien, s'en donnent à cœur joie, voix d'ambre et de soie et malice plein les yeux. Une réussite.
Ariane Bavelier, Le Figaro, 15 juillet 2014
Olivier Lexa signe ici sa première réalisation. Mais pour avoir assisté plus d’un metteur en scène, c’est loin d’être un débutant. […] Olivier Lexa s’attache au second degré des lamenti et scènes de folie pour un résultat jubilatoire d’ironie et de poésie. […] Un spectacle réjouissant, que l’on espère voir repris ailleurs.
Thierry Guyenne, Opéra Magazine, septembre 2014
Olivier Lexa fait ses premiers pas dans la mise en scène, mais il a manifestement développé une compréhension intime de ce répertoire. Son travail, inventif et rythmé, intègre la gestuelle baroque et livre de superbes tableaux, mais sans dogmatisme, sa direction d’acteurs, parfois très physique, ne renonçant pas à la spontanéité des solistes dont elle sait exploiter la fougue juvénile et la fraicheur.
Bernard Schreuders, Forum Opera, 10 juillet 2014
Eppure il lavoro registico è assai pregevole. Ne è responsabile Olivier Lexa, direttore artistico del Venetian Centre for Baroque Music, regista conoscitore di questo genere di drammaturgia, delle ragioni e dei tempi della musica, del mestiere del cantante e, in definitiva, di tutto ciò che dà il colpo d’ala a un’opera agli occhi del melomane e che rimane spesso precluso a un regista di professione formato al teatro di parola.
Francesco Lora, Il Corriere musicale, 8 août 2014
La regia di Olivier Lexa è sobria, elegante come una coreografia. […] Successo trionfale per tutti, com’era giusto.Dino Villatico, La Repubblica, 13 juillet 2014 Il fallait avoir l’audace du metteur en scène Olivier Lexa pour déposer, par petites touches, des éléments extérieurs, drôles, intelligemment pesés, sans maniérisme, comme ce fond de scène avec une image vidéo incrustée dans le décor, que l’on croit d’abord immobile mais qui se met en mouvement avec une improbable partie de cache-cache humaine.
Ph. F., La Provence, 13 mars 2016
Très théâtral. Olivier Lexa utilise la lumière et les ombres de manière créative et enthousiasmante, dessine des formes sur les murs, crée une attention différente envers les chanteurs cachés par l’obscurité. C’est beau.
Gaëlle Moury, Le Soir, 1er octobre 2019
La mise en scène d’Olivier Lexa […] ne surligne jamais la trame dramatique et laisse une part de non-dit au silence des humbles et des ordres invisibles, une vaste emprise à l’imaginaire du spectateur, par exemple par un habile jeu d’ombres chinoises […]. L’évocation de la folie y côtoie celle de la pulsion de mort la plus criminelle en totale opposition avec la douceur inquiétante et étrange de l’action théâtrale ; un procédé « fugué » qui explicite la violence inconsciente ou refoulée du texte et des situations dramatiques. […] Cette production de la Monnaie est ainsi une totale réussite visuelle, dramatique et musicale, lovée entre les suggestions énigmatiques des textes et l’inconscient de chaque spectateur, par un sens aigu et immanent du non-dit.
Benedict Hévry, Resmusica, le 5 octobre 2019
Adapter pour une scène lyrique les Trois petits drames pour marionnettes de Maurice Maeterlinck ? L'idée vient d'Olivier Lexa, amoureux de la langue du prix Nobel et admirateur de son triptyque. Avec l'intendant flamand de La Monnaie, Peter de Caluwe, heureux de promouvoir son glorieux compatriote, le metteur en scène a trouvé à la Villa Médicis un jeune talent capable de mettre des notes sur les mots troublants de l'écrivain symboliste.
Benoît Fauchet, Diapason,
Le 27 septembre 2019
La mise en scène d’Olivier Lexa joue avec un décor unique, une paroi habillée de lumières et de projections qui la transforment en château, foyer chaleureux ou grotte maléfique et accueille, pendant le deuxième conte, un film qui établit des liens ténus entre les trois histoires, et donne des clés d’interprétation.Sophie Bourdais, Télérama, 4 octobre 2019 Entre médiévisme et symbolisme, la mise en scène d’Olivier Lexa suit la trace de bêtes prises au piège, entre sombres corridors et escaliers ne menant nulle part. Le mélodrame central, Intérieur, lui permet de dépeindre le tableau paisible d’une famille réunie pour la veillée, ignorante du drame qui va frapper à sa porte.
Marie-Aude Roux, Le Monde, le 28 septembre 2019
Sur la scène, c’est à Eric Oberdorff et Olivier Lexa qu’est confiée une mise en scène très réussie.
Nous sommes plongés dans une temporalité indéterminée,
ce qui permet d’approfondir la dimension symbolique de l’œuvre.
Tancrède Lahary, Forum Opera, 22 mars 2022
Phèdre est certes une tragédie antique. Mais nous l’avons vue dans une relecture résolument contemporaine, dans une esthétique avant-gardiste et – c’est là la réussite de la production –, dans un respect total du texte et des intentions originales de Sénèque. […] Le résultat des contrastes de dynamique effectués sur le texte, le chant, les comportements corporels, les bruitages, la puissante musique électronique également signée par Lexa, les chorégaphies explosives de Dario La Ferla, les costumes préparés par Marcella Salvo donnent une impression de jamais-vu. […] Et, contrairement au chœur grec, celui de Sénèque ne dialogue pas avec les acteurs : il est davantage en retrait de l’action. C’est dans ces chœurs notamment que se révèle le talent du metteur en scène Olivier Lexa, en en faisant des scènes incroyablement vivantes, créatives, pleines d’imagination. Sa direction d’acteur cherche rarement le naturel, ou seulement pour le faire contraster avec un long silence, un changement de registre, de dynamique, de rythme, de nuance, de timbre de voix : il nous rappelle que l’ornementations vocale était requise par Cicéron dans ses traités de rhétorique. Avec sa Fedra di Seneca, Olivier Lexa nous met en face d’un théâtre de la possession. Les passions sont ataviques : les personnages en sont victimes et pas coupables. Le metteur en scène crée ainsi un monde des profondeurs et du secret, des fantômes et d’un passé englouti ; n’a rien à voir avec l’inconscient, la psychologie naturaliste ou vériste. Le cri fait sortir le personnage de son humanité. Le corps est le lieu de passage d’un monde à l’autre. On n’est pas loin du Vaudou, des rituels chamaniques. On pense aussi aux théâtres indiens, japonais ou chinois : on est si loin du réalisme facile et de la tentative d’identification au personnage souvent ratée que cherchent aujourd’hui la plupart des metteurs en scène italiens.
Gualtiero Merlin, L’Atlante editoriale, avril 2022